Le poison du plus fort.

Publié le par Lilou

Le poison du plus fort.
Publicité

(article en chantier)

 

Elle touille délicatement le café jusqu'à ce que la mousse, emportée par la fine cuillère, dessine un parfait tourbillon hypnotique. La radio annonce le marronnier de la semaine, la rentrée, et le long des interviews avance: des mamans émues, des pitchounes en pleurs avec leur sac à dos deux fois plus plus grands qu'eux, des profs tout sourire et des détracteurs du portable à l'école et leurs opposants (toujours donner un os à ronger à la plèbe). Maya n'écoute pas tout cela : elle aura d'autres occasions de les entendre. Ses pensées sont tournées vers un p'tit bonhomme, ce matin...

En revenant chez elle après avoir fait le tour de la brocante, hier, elle avait trouvé Octave, son voisin qui tenait un stand, en grande conversation avec un gamin. Lui qui, d'ordinaire, était toujours souriant avait le visage fermé, les sourcils froncés et l'air grave. Il lui parlait et, comme pour accompagner ses mots, il avait placé son index sous le menton du garçon afin qu'il relevât la tête et plantât son regard dans le sien :

- Non. Tu me regardes dans les yeux. Comme ça. 

Le garçonnet avait tout au plus 8 ans et dans ce moment qui semblait si sérieux un improbable sourire avait soudain illuminé son doux visage.  Un timide merci était sorti de sa bouche, juste avant de rejoindre ses parents souriants. Ce que l'enfant avait fait, Maya n'en avait pas la moindre idée. Il avait imaginé une bêtise et des remontrances qui s'en étaient suivies. Mais alors, pourquoi ce sourire ?

*     *     *

- Monsieur, c'est vous qui habitez ici ?

- Ah non, mon garçon. J'expose juste devant cette maison. Pourquoi ? Que se passe-t-il ?

- J'ai tellement mal au ventre depuis ce matin que je n'ai rien mangé. Et ma maman m'a dit à quatre heures que je pouvais au moins essayer de prendre une glace. Mais j'ai tout vomi, là. Pardon, monsieur. 

Octave était alors descendu dans la cour de Maya, avait saisi le robinet et nettoyé d'un coup de jet vers la bouche d'égout. 

- Tu vois, c'est pas grave ! Mais alors, qu'est-ce que tu as ?

- Demain, c'est la rentrée...

- Et alors ? T'es pas content de retrouver tes p'tits copains ?

- Non, les grands sont méchants avec moi. Ils me tapent parfois. Ils me bousculent. Et ils me parlent mal. Ils me demandent mon goûter et se moquent de moi.

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article