So 80's

Publié le par Lilou

So 80's
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Cédric venait d'arriver. Le coeur de Maya battait la chamade à chaque fois qu'elle entendait le bruit de sa mobylette pétaradante, orange. 

C'est qu'il en jetait, ce petit blanc-bec : le menton toujours relevé, fier, sourire imperceptible sur les lèvres. Cette assurance, il la tenait de la présence de son jumeau : à eux deux, ils étaient les maîtres du monde. Depuis la maternelle, ils menaient les classes en chefs - des terreurs que personne n'osait affronter : embêter l'un, c'était risquer le coup de poing de l'autre. 

En quelques années à l'école primaire, ils s'étaient taillé une réputation de gangsters. Et ça faisait craquer Maya qui l'autorisait à lui parler parfois un peu durement. Ça faisait partie du personnage. Si elle avait voulu un garçon attentionné, gentil, il aurait dû changer de rayon, voire de magasin. 

Et à leur 15 ans, leurs grands-pères se trouvant sans doute trop vieux pour ça, leur avaient donné leurs mobylettes. Ils allaient pouvoir se déplacer où bon leur semblait peut-être aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Maya habitait cet ailleurs.

C'est dans le village voisin qu'ils rencontrèrent Maya et ses amis. Le menton arrogant de Cédric lui plut tout de suite. C'est drôle comme les émotions agissent comme le plus efficace des filtres embellisseurs. L'effroyable couleur orange était dynamique. Le bruit insupportable du moteur sonnait comme une douce musique. Sa tête à claque faisait de lui un admirable bad boy, et son mépris, un garçon de caractère. Prefect photoshop.

Le thé à la menthe fumant dégage une délicieuse odeur, de bon matin. Maya savoure un beignet dans un salon de thé à la déco vintage trouvé au hasard de sa promenade. La serveuse l'a installée à une petite table en formica aux rebords en plastique noir. Elle prend place sur une chaise inconfortable d'époque. Et c'est en regardant par la fenêtre qu'elle aperçoit une mobylette d'une effroyable couleur orange. Son propriétaire arrive et s'installe dessus, mettant en route le bruit insupportable du moteur.

Maya a décidément horreur du vintage.

 

 

 

 

 

 

 

 

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