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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 21:57

         Maya fronce les sourcils en lisant le courriel récapitulant sa commande :

Mécanique des fluides

         Si ce sont les bons articles, un détail attire son attention: le lieu de livraison. Le garage Midas semble un endroit assez improbable pour cela. Probablement une erreur informatique. Elle tape « Midas, relais coli » sur internet et, oui, le sigle s’affiche à côté de la marque. Après tout…

         En fin d’après-midi, le temps passe si vite, Maya réalise qu’il est près de six heures et que le garage ferme dans une demi-heure. Pas maquillée, à peine coiffée, elle fonce vers sa voiture. Au premier feu rouge, elle met ses boucles d’oreilles. Elle croise les gendarmes en déposant deux pschit de Numéro 5 dans le cou - on ne saurait dresser un procès-verbal pour abus de glamour. Juste devant le garage, elle serre un crayon noir entre ses dents tout en se garant. Elle jette un œil dans le rétro, donne un petit coup de khôl. Elle sort de la voiture, rétro extérieur. Rouge à lèvres, main dans les cheveux.

         Maya fait quelques pas, le rideau est baissé au quart. Quatre types sont accoudés à la caisse, café en main. Oeillades sans équivoque. Super. Elle passe la porte, fait mine de découvrir les gus et les salue. Ils répondent à ses jambes. Excellent. Maya s’agace. "Ces mecs ! Qu’ils regardent nos gambettes, soit, mais qu’ils le fassent discrètement ! On leur ménage des moments pour qu’ils reluquent sans gêne aucune. On fait semblant de chercher dans nos sacs ou de baisser les yeux pour qu’ils aient la fausse impression d’être discrets… Eh bien non ! Ça ne suffit pas ! Ils ne peuvent pas patienter ! On a à peine le temps d’arriver que leurs regards se promènent, indiscrets. Ils font le tour du propriétaire sans avoir signé de bail, sans gêne. C’est à nos seins qu’ils disent bonjour et à nos fesses qu’ils tiennent la porte. Des chiens affamés au rayon boucherie charcuterie…"

         Tout en pestant intérieurement, elle garde le sourire – les apparences sont sauves. Elle baisse les yeux pendant que l’un des vendeurs cherche lentement le paquet, tire machinalement sur sa jupe. Grand silence. Elle signe sur l’écran qu’on lui présente, prend le coli Aubade (fichu catalogue !) et s’en va, sentant les regards sur elle.

         Une fois dans la voiture, elle jette un regard vers le garage : derrière les vitres, les loustics l'observent et rient de bon cœur. Maya soupire. Puis elle sourit. Après tout…

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Published by Lilou - dans Shopping
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