Tombée du nid !

Publié le par Lilou

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Tombée du nid !

- Okay... Pardon...? Non... Mais si, je t'écoute !
Devant la fenêtre, tout en écoutant Paul raconter ses vacances au téléphone, Maya griffonne des choses qui lui viennent à l'esprit. C'est un souvenir précis de dessins d'arbres, faits en hiver (elle se voit portant un sous-pull), penchée sur le pupitre, qui a émergé sans crier gare. 
- ...chance, un temps merveilleux...
Le stylo feutre glisse sur la feuille. Maya se souvient... Elle regardait par la fenêtre, les peupliers qui bordaient la cour de l'école sur un côté. Quel délice que d'entendre le vent s'engouffrer dans ses branches qu'il faisait frémir! Maya aperçoit plus loin, de l'autre côté de la rue, derrière l'ancienne gare, les arbres qui délimitaient les champs. Au-delà des clôtures, des chemins de terre, d'autres champs... Et la forêt. 
- ... goûté un vin que tu aurais adoré...
Son regard revient sur les arbres, elle les observe, s'applique à les dessiner. Toujours, elle commence par le tronc, puis les branches qui partent sur le côté. Elles sont longues, elle les termine par des ramifications. Toujours, elle peine à dessiner la branche qui se trouve, toute bête, au milieu du tronc: elle n'arrive jamais à lui donner de l'allure. Un bout de bois droit, idiot, sans intérêt, sur lequel elle ne s'attarde jamais tant elle est convaincue qu'il est né pour être laid. 
- ...vraiment pas motivé pour reprendre le travail demain...
Maya change de couleur. Elle fait des ronds verts sur les branches, à des endroits choisis. Le stylo tourne sur lui-même pour faire des nids. Enfant, elle pensait que lorsque les arbres se déshabillaient, c'était pour nous faire profiter des chef-d'œuvre réalisés par les oiseaux-architectes. Le respect s'imposait devant ce travail. Ils étaient comme des reliques de l'été.
- Tu parles, de la saloperie de gui. C'est de la vraie merde qui pousse comme du chiendent. Et c'est toxique, en plus, cette merde ! Ça ramène des maladies aux arbres !
Un chasseur était parvenu à détruire cette belle image de jolis nids douillets, souvenirs de l'été qui demeuraient l'hiver, en quelques phrases...
Maya continue à tracer des cercles, vague sourire aux lèvres en se remémorant ses dessins.
- Alors, quelle heure, Maya?
- ... Pardon ?

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