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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:37

 

            Pour cette première réalisation, Sylvie Ohayon s'essaye au genre autobiographique. La lecture des critiques ne m’a pas étonnée : on lui reproche un scénario lisse, des répliques convenues, des stéréotypes nombreux… Et pourtant… Cette histoire d’une jeune fille de la Courneuve dans les années 80 qui rêve de monter à Paris faire ses études m’a parlé.

 

            On replonge dans les années 80. Dans son enfance… Dans ma rue, qui était loin d’être une représentation de la Courneuve telle qu’on nous la présente, nous étions tous des enfants d’ouvriers et parfois d’immigrés. Combien ont eu la chance de faire des études ? Je les compte sur les doigts d’une main. Enfant d’ouvrier tu as été, enfants d’ouvrier tu auras. C’est le constat que je fais, régulièrement, lorsqu’il m’arrive de revoir ces amis d’enfance. Ces trois rues qui formaient un H, dans lesquelles nous étions une soixantaine d’enfants, débordaient de vie mais pas d’espoir.

           

            On parle de clichés. Des journalistes qui n’ont sans doute pas connu cette jeunesse-là, ni fait l’expérience de ce carcan dont il est difficile, sinon impossible de sortir, juge le vécu de l’auteure. On dit le personnage de Lavoine lisse. Parce qu’il est raciste, antisémite, violent, boit de la bière en regardant des matches de foot, le personnage est un stéréotype ? Est-ce donc une erreur de présenter un personnage de la sorte ? Pourquoi ? Est-ce si improbable d’évoluer parmi des stéréotypes, ceux-là-mêmes qui nous empêchent d’évoluer ?

 

 

Papa was not a Rolling Stone

            J’ai apprécié ce film. Une belle balade en amnésie, pour les gens nés dans les 70's. Le décor est particulièrement soigné, dans les moindres détails puisqu'on y retrouve un tas de choses de notre enfance. C’est un peu comme ouvrir une boîte de souvenirs, retrouvée au fond du grenier de ses parents: le Walkman, la cage à écureuil, le bombers, le 501, le jeans délavé, le sac d'école en cuir avec les deux grandes poches pour les trousses, la conseillère d'orientation qui ne sert à rien, le poster de palmiers sur un pan de mur complet, les phrases qui commencent par "vas-y", la pince clip, la barrette, les (autres) barrettes, les bandanas, la 404  pourrav sans ceinture de sécurité à l'arrière. Des jeunes en bande, assis sur un banc, sur une table de ping-pong, qui échangent. Pas de portable ! Pas de portable ! Mon Dieu que c’est beau, ces scènes sans portable, les regards qui se cherchent, les mots qui heurtent, ceux qui consolent et les autres qui aiment. Sans portable, que c’est beau.

 

            Si le personnage de Stéphanie est bien interprété par Doria Achour, c’est surtout  Soumaye Bocoum (Fatima) qui m’a plue. Drôle, attendrissante, désopilante, pendant tout le film, on lui souhaite le meilleur. Il me tarde de la retrouver dans un autre film, pour apprécier son jeu d'actrice.

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Published by Lilou - dans Ça tourne!
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