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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 23:54

Elle se dressait, devant moi, exactement comme avant de partir: imposante, grasse, nauséabonde, sale, château branlant... Cette impressionnante montagne de vaisselle, laissée en évidence comme un message subliminal, n'avait manifestement pas fait son effet...


Une colère, sourde, commençait à m'envahir, sans que rien ne puisse y faire pour arranger les choses. A l'instar d'une cocotte minute laissée trop longtemps sur le feu, je n'allais pas pouvoir faire autrement qu'exploser. Et le spectacle de Monsieur, installé dans la plus grande insouciance devant son ordinateur, n'allait certainement pas arranger les choses...
Inéluctablement ça a explosé. Moi et mon sans-froid légendaire (c'est dire si c'est là une belle légende) versus la "Victime" de mes incessants sautes d'humeur: l'équation est simple. Le plus agaçant, c'est indéniablement sa tête d'ingénu qui me fait passer en comparaison pour une parfaite folle furieuse. Pour ce qui était de sortir de mes gonds, j'ai brillé.  
- Les mecs, il faut tout leur dire, sans détour, ni sous-entendu et encore moins de subtile subtilité. Allez droit au but, soyez directe, comme si vous parliez à un enfant, sinon, la communication ne passera pas.
Ainsi concluait une psychologue de couple, invitée dans une émission radiodiffusée portant sur le thème inépuisable des relations hommes-femmes. Au feu rouge, devant notre Petit Versailles, je secouai ma tête, navrée par tant de simplicité dans le raisonnement d'une pseudo-professionnelle. Au bureau, toutefois, après une convocation des états généraux, force était de constater que l'immense majorité des collègue allaient dans ce sens. Aberrant. Fallait-il prendre nos amis les hommes par la main, tels des gamins et tout leur montrer?

Toute l'après-midi, j'avais cogité dans le secret espoir de trouver la parade qui pallierait cette infantilisation. Vainement.
Le soir approchait dangereusement, avec son lot de prises de bec domestiques, sans qu'aucune stratégie valable ne me soit venue à l'esprit. Il était hors de question que je lui dise ce qu'il devait faire. Lentement, je montais  les escliers, me convainquant de ne rien dire qui puisse déclencher les hostilités.

Elle était là, devant moi, fière et méprisante, presque provoquante, toute nauséabonde, toute sale, toute détestable: la vaisselle. Un tremblement - les nerfs - m'indiqua le degré d'irritation que cela avait déclenché en moi. C'était pour le moins alarmant. Il fallait trouver un plan B. Le découvrant avachi sur le canapé, journal en mains, pot de yahourt à ses pieds, j'ai atteint un pic si dangereux que, comme pour me protéger, mon instinct de survie s'est automatiquement déclenché et m'a fait dire, à mon insu, d'une voix qui plus est câline:
-Mon chéri, tu veux bien faire la vaisselle pendant que je prépare à manger, s'il te plaît?
Comme ils disent après les catastrophes: "plus jamais ça".

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Published by Lilou - dans Humeur
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