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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:02

 

Il est des gens dont le chic pour se mettre dans des situations cocasses est inégalable. Depuis bien longtemps, Maya fait partie de ce prestigieux cénacle.

Ce soir-là, elle est invitée chez un Lyonnais brillant, sympathique, avenant, désirant faire quelque chose de sa vie : la définition-même du bon parti. Tous les ingrédients semblent présents pour une excellente soirée.

Commençons par les bases : c’est en observant les fondations d’une construction à la loupe qu’on peut se faire une idée du devenir d’une relation. On a beau avoir les meilleurs matériaux qui existent sur cette terre, si le terrain est mouvant, ça finira tôt ou tard par s‘écrouler. Maya est nancéienne, Pascal, lyonnais. Hasard de calendrier, ce soir l’ASNL joue contre l’OL.

 

 

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Maya adore le football. De façon générale, cela dépasse les intellectuels, amuse les sportifs et navre les femmes. Il n’empêche qu’elle s’est abonnée trois ans et qu’elle va voir les matches qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige. Par ailleurs, elle potasse depuis quelques jours un bouquin que lui offert un arbitre : « avec ça, tu devrais compenser le fait de ne jamais avoir joué au foot de ta vie ! » Effectivement, comprendre le jeu sans l’avoir jamais pratiqué semble difficile.

Pascal adore la bonne bouffe, le vin, les femmes et les livres. Et déteste le foot. Et les footeux:

- Comme si la terre allait s’arrêter de tourner pour un but !

- Tu exagères, je ne faisais que regarder la composition des équipes…

- Alors prouve-le: tu ne chercheras pas les résultats avant de le voir demain dans le journal !

Sa mauvaise foi va être mise à rude épreuve. Pour sauver les meubles, Maya a habillement manœuvré pour déplacer l’heure de leur rendez-vous de ce soir, de 19h30 (coup d’envoi) à 20h15 (mi-temps), prétextant un dernier rendez-vous tardif avec un client. C’est la première fois qu’elle se rend chez lui : il s’agit de mettre la gomme et de se retenir de lui demander d’allumer la télé pour savoir où en est le score. Va falloir ruser.

Devant la maison de Pascal, Maya jette un dernier coup d’œil sur son iphone: déjà un but à la mi-temps. Elle le met sur vibreur et le glisse dans la poche arrière de son jeans. Son compère, parti seul au stade ce soir, a pour mission d'envoyer un message à chaque but.

Maya se raisonne: ce n’est pas si catastrophique, les joueurs ont plutôt bien résisté jusqu’à la pause.

- Tiens, tu n’as pas ton fameux quart d’heure de retard, ce soir ? Ca fait plaisir !

Pascal l’invite à entrer, en lui adressant un clin d’œil complice. Ils prennent un apéro, le temps de la mi-temps. Elle, qui d’ordinaire est très bavarde, peine à se concentrer sur la conversation: quand un message n'est pas lu, le portable vibre toutes les minutes. Ce qu’il dit a beau être intéressant et même parfois drôle, les vibrations régulières l’empêchent de prendre ses aises. La cuisine américaine fait que, même lorsqu’il va chercher le vin, il ne la perd pas de vue. Impossible de consulter les résultats discrètement. Hors de question de prendre des risques: quelle (double) humiliation se serait que d’être prise en flag’ !

Maya est une inconditionnelle du rouge. Pourtant, ce soir, elle peine à déguster Le Côtes du Rhône que lui a fièrement servi son hôte. C’est un ami sommelier qui l’a conseillé, pour accompagner les andouillettes. La petite attention ne remporte pas un franc succès car quelque chose lui trotte dans la tête : une fois n’est pas coutume, elle sera nancéienne, ce soir, l'andouillette.

Et le portable vibre, vibre… L’ambiance reste toutefois agréable : une discrète musique s’accorde parfaitement avec un intérieur à la fois confortable, spacieux et moderne. Décoré avec goût. Il serait malvenu de sortir son iphone :

- Dis, où puis-je me laver les mains ?

Idée salvatrice: une fois dans la salle de bain, Maya s'empare fébrilement de son portable. Le monde s’écroule : et de deux. Il s’agit maintenant de regagner le salon en gardant le sourire : tout va très bien, tout va très bien. Du GHB : voilà ce dont rêve notre Maya à ce stade de la soirée. Non pas que l’idée de violer son magnifique hôte lui ait effleuré l'esprit - encore que! En réalité, lorsqu’il lui tend son « fromage de sans-souci » à la lyonnaise, alors qu’elle est complètement flippée, ça sonne à ses oreilles comme une provocation. L’assommer lui aurait permis de se jeter sur la télécommande pour constater l’impasse dans laquelle se trouve désormais son équipe : des vibrations viennent d’annoncer un carnage. A aucun moment, elle n’envisage un but nancéien.

Pour finir ce festin, voici des gaudes en pain perdu, toujours façon lyonnaise. Bizarrement, elle en a assez soupé de la mode lyonnaise. Maya décide de faire face aux messages cachés de ces plats :

- Et une petite boule de glace à la vanille, ce serait envisageable ?

Comment ne pourrait-il pas penser, le pauvre, après tant d’efforts, que les femmes sont toutes des chieuses ? Ne nous obligez pas à chasser notre naturel, cela ne tiendra qu’un temps. Plus ou moins long. Et il reviendra. Au grand galop.

A bon entendeur...

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commentaires

bricabrocamoi 21/02/2011 09:08






Merci de ton passage sympa ...



Lilou 22/02/2011 14:24



Oups, hier il pleuvait!! Mais cette après-midi, alors que je ne travaille pas, il y a un petit soleil... Qu'il fait bon (derrière la baie
vitrée)!!



Daniel 20/02/2011 23:42



Ca fait plaisir de constater qu'y a pas que les hommess qui vive ça



Lilou 20/02/2011 23:45



C'est bon, la parité!



Franck 20/02/2011 20:08



La femme de mes rêves!!



Lilou 20/02/2011 23:45



Vous me faites rougir ;)



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