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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 11:08

 

            Commençons par le synopsis :

            Fils unique et père divorcé, Jean est un jeune quadra solitaire. Jusqu'au jour où il rencontre Antoine qui le présente à ses meilleurs amis Alex et Manu. Sous le prétexte de reprendre leur corps en main, le quatuor se met au jogging, trois fois par semaine. Ces rendez-vous sont autant de moments propices aux confidences sur leurs femmes et / ou maîtresses.

 coeur.jpg

Manu, Alex, Jean, Antoine

 

            Pour ceux qui ne connaissent pas le premier et le second volet du Cœur des Hommes, ce film aura toutes les chances de les séduire : cette amitié entre quatre potes autour de la  cinquantaine fait du bien au moral.

            Pour les autres, pour moi en tout cas, ça a la saveur d’un plat (mal) réchauffé qu’on aurait de surcroît trop souvent goûté. Le deuxième opus présentait pourtant déjà les signes avant-coureurs de ce laisser-aller. Hélas, si ce met semblait raffiné, au premier coup de fourchette, le cuisinier s’est reposé sur ses frêles lauriers et ne s’est pas décidé à changer sa carte.

            Les critiques sont forcément dirigées vers une panoplie de blagues usées jusqu’à la corde. À chaque épisode une ou plusieurs femmes au physique ingrat sont comparées à des stars qui se seraient laissé aller. Ainsi, cinq septuagénaires se promenant sur la plage leur font dire : « Elles ont morflé, les Spice Girls », puis un serveur blond aux cheveux longs « elle a morflé Madonna ! ». Une tentative de trop – il est difficile de dérider le public français sans finesse. Les scènes d’amitié virile autour d’un bon repas et d’une excellente bouteille de pinard ont un air de déjà-vu. Même les tromperies n’arrivent plus à surprendre. La corde a fini par lâcher.

            Finalement, Esposito s’attarde sur des choses peu importantes et relègue au second plan des éléments pourtant essentiels. L’absence du quatrième compère, Jeff, est vaguement évoquée. À mon sens, pour une amitié si forte, la blessure, profonde, aurait dû être visible. Mais les personnages (ou les acteurs !) ne semblent pas croire à l’explication qu’ils donnent au leur nouvel ami. Un autre exemple serait celui de la réaction démesurée de Manu vis-à-vis du petit ami de sa fille. On n’y comprend rien : quel est l’intérêt de cette histoire, somme toute anecdotique ? Ce passage présente un autre homme que celui que nous connaissons dans l’ensemble du film. Le côté plus sombre du gentil Manu avait été évoqué, brièvement dans le premier film : il était violent avec sa première femme. Qui s’en souvient ? Cela avait été révélé dans une toute petite phrase, lors d’une dispute, elle lui avait demandé : « Tu vas encore me battre ? ». Et puis, il y a cette étrange relation entre Jean et sa fille, presque malsaine. Lorsqu’ils dînent ensemble, le téléphone sonne. Trop furtivement, on le voit se lever pour répondre, passer devant un trépied et mettre en marche une caméra. Le soir, avant que son ex ne le contacte, il regarde ce qu’il doit filmer d’elle fréquemment.

            Au-delà de ces détails, j’aurais aimé voir une réelle évolution de ces personnages féminins qui leur donnent le change. Il y a bien une petite lueur d’espoir lorsque Nanou laisse parler la féministe qui sommeille en elle et s’assume en tant que femme. Mais l’idée est très vite tuée dans l’œuf, annihilant du même coup tout espoir de voir les femmes de cette histoire mieux traitées. Car en termes de misogynie, Esposito s’est lâché, n’offrant qu’un panel  de femmes quittées, trompées, battues, malades, seules…

            Un quatrième volet est parfaitement envisageable, M. Esposito. Parce que finalement, on s’y attache à ces personnages, à leurs qualités et à leurs défauts. Mais soyez honnête avec le spectateur et cessez de présenter leurs défauts comme des qualités. Tâchez simplement de remettre le Cœur des hommes à sa place originelle, soit un peu plus au-dessus de la ceinture. Et surtout soignez ce sexe prétendument faible. Tapez-vous quelques saisons de Sex and the City pour ne plus les présenter comme d’éternelles perdantes.

            À bon entendeur…

 

 

 

 

 

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Published by Lilou - dans Ça tourne!
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Emma 27/10/2013 23:29


Suis d’accord avec toi : ils ont exploité le filon à fond ! Je ne suis pas sûre, en revanche,
qu’il reste de quoi faire un 4. …à moins qu’il ne se décide à « changer sa carte », comme tu l’as si justement suggéré ! 

éric 27/10/2013 23:26


Les femmes, éternelles perdantes...

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