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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 23:21
    Les mâles, véritables GPS vivants, sont absents ce matin. Le premier s’est blessé à son entraînement de foot, le deuxième est sorti tard la veille et le troisième semble effrayé à l’idée de se retrouver seul avec trois nanas… Aussi devrons-nous redoubler de vigilance pour ne pas nous perdre. Lorsque nous partons pour une marche ou une rando (la différence m’échappe encore) nous avons tendance à bavarder au point qu’il nous arrive souvent de louper les flèches et de nous planter, si nos amis les mâles ne sont pas là.
    Alors que vous êtes sans doute encore tous dans les bras de Morphée, je chausse mes baskets (pas de chaussures de rando pour nous : nous sommes amateurs et souhaitons être considérés comme tels, avec indulgence, notamment dans les montées). La Marbichonne nous a séduites depuis maintenant trois ans : l’ambiance est sympa, les gens cool. Et, même si nous ne sommes pas là pour ça, les ravitaillements sont conséquents. Accès de zèle caractérisé ou masochisme, il est difficile de trancher, toujours est-il que je mets des poids aux chevilles. 2.5 kilos chaque. Ca vous semble peu ? Alors imaginez deux sacs et demi de farine sur vos petons et vous changerez d’avis.
    Paquita (ainsi appelons-nous Françoise depuis un séjour en Espagne) et Schoen m’attendent pour filer à Marbache. Premier défi : monter sur les hauteurs de Belleville. Pour se rendre compte à quel point Belleville et une belle ville, il faut la voir de haut. De très haut. C’est là le piège. Un peu comme à notre dernière rando où il fallait crapahuter jusqu’à Belle vue. Pour une belle vue, c’était une belle vue… Au bout de vingt minutes de dénivelé je commence à me demander si ces poids ont réellement une place importante dans ma vie pour ne pas les laisser sur le bas-côté. J'irais les rechercher un jour, à mon retour de convalescence… Mais la fierté l’emporte : une mamie devant moi grimpe vaillamment avec sa petite-fille, en bavardant sans s’essouffler.
    - Eh, vous vous êtes trompées de chemin, vous deviez arriver par là ! s’exclame un gars, à l’accueil du ravitaillement.
    Ce faisant, il pointe du doigt une côte vertigineuse (vue d’en haut). Il arbore un large sourire de connivence, genre : « on ne me l’a fait pas, à moi ! ». Non, nous n’avons pas coupé le chemin volontairement. C’est vraiment un concours de circonstances. Et puis, d’après le plan, ça nous a fait gagner (ou perdre, c’est selon) tout juste cinq cents mètres, alors…
    Quel accueil! La musique est plutôt branchée, le ravitaillement, gargantuesque et, restons pragmatiques, il y a des vététistes en veux-tu, en voilà. Il faut bien avouer que ces gaillards présentent l’intéressante particularité d’être extrêmement bien foutus. Que la randonneuse qui ne s’est jamais surprise à penser cela me jette la première pierre !
    L’heure est grave : il faut prendre une décision. Cruciale. 10 ou 15 kilomètres ? Alors que Paquita penche pour les dix, nous faisons peser un argument dans la balance : en coupant tout à l’heure, nous avons déjà gagné de la route, alors… C’est donc parti pour le grand tour. Flèches rouges.
    Les soucis commencent au second et dernier ravitaillement. Il proposait du lard grillé sur des pains chauds. Je n’ai pas la force de résister. Et comme le lard, c’est salé, j’ai envie de boire, plus que de raison. Mais je me retiens : il reste encore 6 km. Paquita, elle, pense que sa vessie tiendra facilement la distance. Et glou, et glou, et glou. Nous partons rapidement du ravitaillement pour deux raisons. D’une part, on n’est pas là pour se goinfrer. D’autre part, un dangereux panneau indique les dénivelés à venir. Effrayants. Paquita aurait voulu rebrousser chemin en le voyant, alors…
    Trente minutes plus tard…    
    - Alors ça, c’est toujours pareil : ils font attention à bien marquer les 10 km et pour les 15, ben ils n’ont qu’à se débrouiller tous seuls !
    Paquita n’a pas tort : nous avons vu une flèche rouge et plus rien depuis. Le pire, c’est qu’une dizaine de marcheurs confiants nous suivent, derrière, dans la plus grande insouciance. Au début, ça nous faisait rire : dans une descente, Paquita a demandé à un vététiste qui grimpait s’il avait vu des marcheurs. Le pauvre, en plein effort, a eu toute les peines du monde à répondre. Ensuite, sa vessie la lachant, Paquita doit répondre à l'appel de la nature derrière des sapins. Qui pouvait imaginer que les vététistes s'aventuraient jusque là?
    Maintenant, c’est moins drôle : ça fait vingt minutes qu’on marche et on se sent un peu responsables des randonneurs qui nous suivent. On décide de fermer la boucle et de prendre la direction qu’indique un panneau : « Courage, vous arrivez au second ravitaillement » Retour à la case départ. La honte : en nous voyant revenir, les gens du ravitaillement auront toutes les peines du monde à ne pas sourire. Toutefois, en jetant un œil sur le groupe qui nous suit, Schoen remarque :
    - Y’en a pas un qui a une tête à pouvoir nous faire du feu pour la nuit… Alors demi-tour !
    Du coup, nous mettons notre amour-propre de côté et laissons les agneaux derrière réaliser que nous avons fait une boucle. Un ENORME détour. A notre décharge, c’était mal indiqué. D’ailleurs d’autres randonneurs, au loin, sont en train de faire la même bêtise que nous. Non, je ne dis rien : on les a bien faits, nous, les quarante minutes de rabe.
    Petit point de vocabulaire. On a souvent tendance à utiliser
« là-haut » et « là-bas » indifféremment. C’est agaçant. Terriblement agaçant. Surtout quand on est perdus dans les bois et que je demande où est le fameux château de Marbache.
    - Là-bas ! répond Paquita.
    Et voilà: au bout de dix minutes, je réalise qu’elle a dit «là-bas» pour « là-haut », voire « là-très-très-haut ». Faites donc attention en rando : chaque mot a son importance…
                           
                              *   *   *   *   *
   
    18 heures. Me réveille à peine. Je me suis endormie devant Desperate Housewives, c’est dire dans quel état j’étais. Paquita était partie pour 10 km, Schoen et moi pour 15. Finalement, nous en avons fait 20 km.
    Le premier mai, c’est la fameuse marche de Nancy-Metz. Nous ambitionnons de la faire. Armées de nos portables, au pire, nous pourrons organiser notre rapatriement…

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commentaires

LaMarcheuse 04/06/2010 20:19



Hé, hé, enfin quelqu'un qui considère la marche comme un vrai sport!!! ll était temps.



Lilou 04/06/2010 20:21



J'avoue que j'avais aussi de a priori avant d'y goûter!



aïe, aïe, aïe 11/05/2009 19:34

Et Nancy-Metz? C'était comment?

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